Déroulement
de l'accouchement d'Agathe (vu par Loïc)
Comment se sont déroulés
les jours avant l'accouchement ?
Jusqu'à une semaine de l'accouchement, Agathe
n'avait aucun signe de l'approche de la naissance. Elle a bien eu des maux
de dos depuis la mi-avril (37 SA), mais rien d'autre.
8 jours avant le jour J, elle a eu les premières contractions de fin de
grossesse, et nous avons alors pensé que l'accouchemment était pour
le week-end du 6/7 mai 2006. Mais les contractions se sont à nouveau montrées
plus irrégulières et moins fortes. Cependant lors de la dernière
visite, le col était déjà un peu dilaté. D'où
une incertitude sur la durée de l'attente ....
Comment se sont déroulées
les dernières heures avant le départ pour la maternité?
La veille de l'accouchement, vendredi 12 mai au soir,
Agathe a connu des maux de tête, ce qui ne lui était pas arrivé
pendant toute la grossesse (en temps normal, elle est sujette aux migraines).
Elle a néanmoins pu s'endormir. Cependant vers 05h15, elle a été
prise de maux de ventre très forts. A 06h00, elle a pris 2 Spasfon
(comme il est préconisé de faire en de telles circonstances
- cf les cours de préparation à l'accouchement) mais les maux
ont persisté : c'était donc pour bientôt ;-) !
Agathe se trouvait donc face à de véritables contractions,
mais de travail cette fois-ci. Elle a commencé à chronométrer
la durée entre chacune. L'intervalle était relativement faible
: 4 à 5 minutes. La douleur étant très vive, elle a
repris 2 Spasfon à 6h30, elle a essayé de prendre un bain
mais celà ne l'a pas soulagée, du coup elle a encore repris
2 autres Spasfon à 07h00.
Il faut noter que pour supporter la douleur des contractions, Agathe se
mettait en position du hamac (pour le bébé), sur le sol appuyée
avec ses avant-bras et ses genoux, grosso modo à "quatre-pattes"
avec le dos cambré.
A 07h30, nous avons quitté l'appartement d'Asnières et nous
sommes partis en direction de l'hôpital de Colombes, Agathe sur le
siège arrière, toujours en position hamac. Nous sommes arrivés
aux urgences un petit quart d'heure après.
Comment s'est passée
l'arrivée aux Urgences ?
Agathe a été admise directement dans la
salle d'examen après que je sois allé à l'accueil dire
tout simplement : "Bonjour, ma compagne est sur le point d'accoucher
!". J'ai présenté une étiquette reprenant son
numéro de dossier et l'infirmière a rapidement retrouvé
son dossier puis une étudiante sage-femme (très sympathique)
l'a examiné après avoir jeté un coup d'oeil sur le
dossier. Quelques instants après, elle est sortie (afin de faire
confirmer son diagnostique) puis une sage-femme plus expérimentée
est arrivée, le verdict est tombé : le col était dilaté
à 10 cm ... La sage-femme en question était une de celles
qui avaient dispensé les cours de préparation à l'accouchement
(une chance car Agathe a de suite été mise en confiance).
Nous pouvions passer en salle de travail !!!
Que s'est t'il passé
dans la salle de travail ?
Agathe a donc été conduite par un brancardier
en salle de travail sur un fauteuil. Puis elle a été mise
sur le lit. Après quelques discussions, les sages-femme se sont mises
d'accord pour faire accoucher Agathe "suspendue" à une
barre en bout de lit. En effet, il était certainement trop tard pour
faire une péridurale et c'était pour elles une bonne occasion
d'utiliser une méthode alternative afin que l'accouchement se déroule
de la meilleure des façons et avec le moins de douleur (pour schématiser
Agathe était en bout de lit accrochée à une barre horizontale,
les sages-femmes en face d'elle étaient par-terre et moi, j'étais
quasiment le mieux assis puisque derrière Agathe sur le lit, mais
néanmoins géné par les étriers .... ça
aide à rester vigilant !)
Cependant, avant de mettre en pratique cette méthode d'accouchement,
il fallait percer la poche des eaux pour éviter la pression sur la
tête du bébé, ce qui fut fait sur le lit. Je m'attendais
à plus de liquide que le très mince filet qui s'est écoulé,
mais non la tête de bébé a du se mettre dans le mince
espace laissé par cette eau et empêcher tout autre écoulement.
Par la suite, Agathe a eu une perfusion et quelques petits trous (ah, ces
bras "marbrés" !!!). Elle s'est donc accrochée à
la barre en bout de lit, j'étais derrière elle pour la maintenir
puis elle s'est assise sur un marche-pieds pour reposer ses mains. Ceci
en attendant les contractions et les poussées qu'on lui demandait
d'effectuer. A ces moments là, Agathe s'appuyait sur ses jambes.
Nous poussions le marche-pieds et elle effectuait les poussées.
Au bout de quelques contractions, Agathe s'est fatiguée et ne tenait
plus trop sur ses jambes, les sages-femmes lui ont proposé de se
mettre dans la position qu'elle souhaitait. Je vous le donne en mille :
le hamac. La sage-femme lui a massé le dos et quelques contractions
ont eu lieu avant que nous nous remettions dans la position précédente.
Cette fois-ci, la fin de l'aventure était proche. Le sommet de la
tête du bébé apparaissait à chaque contraction.
La position de la barre avait été modifiée, ceci afin
qu'Agathe ait ses épaules au-dessus de la barre et qu'elle puisse
ainsi s'appuyer et pousser encore plus fort pour que la délivrance
ait lieu. Dans cette position, à la suite de la prochaine contraction,
la tête est descendue encore un peu plus et entre 2 contractions,
les sages-femme ont proposé à Agathe de toucher la petite
tête de bébé entre ses jambes (Fantastique non !!!!).
Agathe a énormément apprécié ce moment, à
partir de ce moment elle sentait la présence de bébé
entre ses jambes, et ça lui a donné encore plus de force pour
qu'à la deuxième longue contraction qui a suivi, bébé
sorte entièrement et prenne sa première inspiration.
Qu'est ce que j'ai ressenti
à ce moment là ?
Un immense soulagement et une très grande joie
que tout ce soit aussi bien passé, qu'Agathe ait pu supporter l'accouchement
sans péridurale, que le bébé soit né et qu'il
soit là, tout simplement. Agathe a été merveilleuse
de courage, je suis admiratif ! Et vraiment reconnaissant de l'ensemble
du travail réalisé par l'équipe médicale. Merci
!
Déroulement
de mon accouchement
A la maison
J'ai accouché pour la première fois le samedi 13 mai 2006,
le jour de mon anniversaire. Les premières contractions douloureuses
m'ont réveillées à 5h30. Je me suis levée et
j'ai avalé deux comprimés de Spasfon. Je me suis assise à
califourchon sur une chaise avec un oreiller sous la tête, en respirant
très profondément et très lentement. J'ai attendu quelques
minutes mais rien n'a changé, les contractions revenaient toutes
les 6-7 minutes. J'ai repris deux Spasfon pour être bien sûre
que ce n'était pas un faux travail. J'ai marché dans la maison.
Et les contractions revenaient encore. A 6h30, j'ai réveillé
mon chéri qui dormait comme un bienheureux et je lui ai dit de se
préparer, qu'on partirait à 7h30 au plus tard (car il était
conseillé de rester au moins 2 heures à la maison avant de
partir pour la maternité, pour un premier bébé). En
attendant qu'il se prépare, j'ai fait couler un bain. Je me suis
glissée dans la baignoire mais la douleur était trop récurrente,
je n'étais pas du tout à l'aise allongée, je suis ressortie
au bout de 3 minutes. Mon utérus était bel et bien en plein
travail, notre bébé allait naître, il fallait partir
pour l'hôpital. Je me suis rhabillée tant bien que mal entre
deux contractions, qui étaient plus rapprochées à 4
minutes. A chaque nouvelle contraction, je me mettais à quatre pattes
par-terre, la tête entre les bras. C'est ce que Chéri appelle
la "position en hamac": l'utérus devient comme un hamac
pour le bébé, et facilite son passage dans le bassin, en fléchissant
sa tête (j'ai bien retenu mes leçons de préparation
à l'accouchement! ;) ). J'avais l'impression que Bébé
allait sortir, je serrais les fesses et pressait mon chéri pour qu'on
parte. On a pris l'ascenseur, j'étais encore par-terre, à
quatre pattes. Dans le parking sous-terrain, pendant que Chéri sortait
la voiture, j'étais toujours à quatre pattes. C'était
la seule position dans laquelle je me sentais bien, et tant pis si c'était
sale par-terre.
L'arrivée à
l'hôpital
A 7h30, on partait en voiture (moi derrière, attachée, et
... en position hamac). A 7h45, on arrivait aux urgences de la maternité.
Chéri est allé faire l'admission et je suis allée voir
l'infirmière de garde. L'infirmière de garde m'a pris ma tension,
m'a demandé si j'allais accouché (j'ai fait oui de la tête),
m'a demandé de faire pipi dans un gobelet (j'ai fait non de la tête,
elle n'a pas insisté). Une sage-femme est arrivée, j'étais
à quatre pattes par-terre. Elle m'a examinée, et a appelé
une autre personne. L'autre personne est arrivée, c'était
la sage-femme qui m'avait donné les cours de préparation à
l'accouchement, je l'aimais beaucoup, ses cours étaient super! A
ce moment, j'avais des contractions toutes les 3-4 minutes mais moins douloureuses
qu'à la maison. Peut-être l'effet "hôpital"?
Elles étaient moins douloureuses mais, à chacune d'elles,
je me retenais pour ne pas pousser, je serrais les fesses, bébé
était pressé! La deuxième sage-femme (celle que je
connaissais et qui m'a reconnue aussi) a annoncé que c'était
la poche des eaux qui se pointait et que mon col était dilaté
à 10 cm. Ah bon? Mais je croyais que ça prenait en moyenne
12 heures pour une première grossesse? D'un autre côté,
j'étais très contente d'aller si vite en salle d'accouchement!
:) "Ma" sage-femme m'a demandé si je gérais bien
(la douleur) ou si je voulais une péridurale. Je n'ai pas voulu de
la péri, mon bébé voulait naître, je voulais
le faire sortir, et tout de suite! On m'a conduite en fauteuil roulant à
la salle d'accouchement (n°4), mon chéri était auprès
de moi.
Dans la salle de travail
Je me suis déshabillée, j'ai passé une blouse jaune
et je me suis allongée sur le lit d'accouchement. Chéri était
à côté de moi. On m'a placé sous monitoring,
pour vérifier que Bébé allait bien. On m'a également
posé un cathéter au cas où on devrait me faire une
perfusion. Ma sage-femme a percé la poche des eaux car il y avait
trop de pression sur la tête de Bébé. J'ai acquiescé
et un fin filet de liquide a coulé quelques secondes. Il y avait
six sages-femmes, infirmières et élèves dans la salle.
Toutes là pour assister à mon accouchement san péri
et à quatre pattes! Ce n'était pas très intime, mais
peu importe, l'ambiance était bonne! :) J'ai fait tout le travail
de poussée, suspendue à une barre l'horizontale, le bassin
bien en bas, les genoux fléchis, les pieds bien posés au sol.
Chéri était assis sur le lit derrière moi, il me soutenait
sous les bras. Je poussais dés que j'en ressentais le besoin. Les
sages-femmes & infirmières étaient assises ou debout devant
moi. Elles me laissaient entièrement géré mes poussées
(pas une fois de "poussez madame, poussez!" :) ). Elles me souriaient
et m'encourageaient, et ça c'était très important!
De même, mon chéri me caressait les cheveux, me parlait. Même
si je ne répondais pas, je sentais ses bras, ses mains contre moi,
c'était inestimable. On a accouché à deux! Au bout
d'un moment, j'ai senti mon bébé entre mes jambes, dans mon
bassin. Je me suis alors placée debout, la barre sous les bras, pour
les dernières poussées. Quelques poussées après,
la sage-femme m'a demandé si je voulais toucher la tête de
mon bébé qui apparaissait à l'extérieur. J'ai
tendu mon bras et j'ai caressé les cheveux de mon tout petit, un
moment magique. A une poussée suivante, j'ai eu mal, ça m'a
brûlé au périnée (petite déchirure), j'ai
continué à pousser fort en me disant que mon bébé
allait être là dans quelques minutes, allez! Notre bébé
naissait à 9h37.
Et après la naissance
Chéri a coupé le cordon ombilical. J'étais
exténuée mais très fière et très heureuse.
J'avais mal aux mains, aux bras et aux jambes, je ne tenais plus debout.
Je me suis allongée sur le lit. Au bout de quelques minutes, mon
bébé était allongé sur ma poitrine, peau à
peau. Il avait les yeux ouverts. Nous sommes restés 20 minutes à
nous observer, c'était très fort, j'étais presque intimidée.
Une infirmière l'a ensuite mesuré, pesé et habillé
avec son papa, dans la salle de travail. On m'a retiré le placenta
en appuyant fort sur le ventre, un moment très désagréable,
mais bon. J'ai ensuite enfilé une chemise de nuit et pris mon bébé
dans le creux de mon bras. Il n'a pas cherché à téter
et s'est endormi. J'ai eu droit à quelques points de suture mais
je suis très heureuse que mon accouchement ce soit déroulé
dans d'aussi bonnes conditions et aussi rapidement! Un accouchement comme
je l'ai rêvé!